Aller au contenu
La Bannière

Santé

Vitamine D en hiver: faut-il se supplémenter?

80 % des Français présentent une carence en vitamine D l'hiver. Découvrez si une supplémentation est nécessaire selon votre profil et exposition.

Marion Leroux 6 min de lecture
Vitamine D en hiver: faut-il se supplémenter?
Photo ready made / Pexels
Dans cet article9 parties
  1. Qu’est-ce que la vitamine D et pourquoi en avons-nous besoin ?
  2. Pourquoi la carence est-elle fréquente l’hiver ?
  3. Qui est particulièrement concerné par une carence ?
  4. Quels sont les apports recommandés ?
  5. La supplémentation d’hiver est-elle vraiment nécessaire ?
  6. Comment obtenir de la vitamine D sans complément ?
  7. Quels sont les risques du surdosage ?
  8. Résumé et conseil
  9. À découvrir également

La supplémentation en vitamine D l’hiver dépend surtout de votre profil. En France, environ 80 % de la population présente une carence en vitamine D en hiver, selon une étude rapportée par France3 Alsace. En Belgique, cette proportion atteint 67 %, avec 45 % de la population en carence grave. Ces chiffres reflètent la difficulté de la synthèse cutanée de vitamine D lors des mois froids. La nécessité d’une supplémentation dépend de vos conditions d’exposition au soleil, de votre âge et d’autres facteurs détaillés ci-dessous.

Qu’est-ce que la vitamine D et pourquoi en avons-nous besoin ?

La vitamine D est une hormone lipidique synthétisée naturellement par la peau sous l’action des rayons ultraviolets du soleil. Elle intervient dans plusieurs processus biologiques essentiels. Elle régule l’absorption du calcium et du phosphore au niveau intestinal, maintenant ainsi la minéralisation osseuse et la solidité du squelette. Elle participe aussi à la fonction immunitaire et au fonctionnement cellulaire général.

90 à 95 %

L’organisme produit environ 90 à 95 % de sa vitamine D par la peau lorsqu’elle est exposée au soleil.

Les 5 à 10 % restants proviennent de l’alimentation : poissons gras, jaune d’œuf, champignons de Paris exposés à la lumière. Contrairement aux autres vitamines, la vitamine D n’est pas très abondante naturellement dans les aliments courants, sauf exception.

Pourquoi la carence est-elle fréquente l’hiver ?

L’hiver crée les conditions idéales d’une carence généralisée en vitamine D.

62,1 %

En Belgique, les données saisonnières le montrent clairement : 62,1 % de la population est en carence en hiver, contre 29,6 % en été.

En France, cette tendance est encore plus marquée, avec 80 % de la population présentant une carence hivernale.

La raison est physique :

  • les rayons ultraviolets B
  • essentiels à la synthèse cutanée de vitamine D
  • sont beaucoup plus faibles en hiver

L’angle du soleil est très bas, et la lumière traverse une couche plus importante d’atmosphère. À latitude tempérée, entre novembre et avril, la synthèse cutanée de vitamine D est pratiquement nulle, même avec une exposition directe au soleil. Il faut au minimum une exposition cutanée de trente minutes par jour (bras et jambes découverts) pour permettre une synthèse suffisante l’hiver, mais même cette durée ne suffit que si le ciel est clair et l’exposition directe.

De plus, l’Agence nationale de sécurité sanitaire et d’alimentation (Anses) a établi que plus d’un Français sur trois ne parvient pas à couvrir ses besoins physiologiques en vitamine D en hiver. Une étude plus ancienne (Esteban 2014-2016) montrait que seul un adulte sur quatre atteint un seuil adéquat, et que 6,5 % des adultes présentent une carence documentée.

Qui est particulièrement concerné par une carence ?

Certains groupes de la population sont plus à risque que d’autres. Ces populations peuvent justifier une supplémentation ciblée :

  • Les personnes de plus de 65 ans : leur peau synthétise moins efficacement la vitamine D sous l’action du soleil.
  • Les personnes à peau noire ou foncée : elles nécessitent une exposition solaire plus prolongée pour obtenir la même synthèse.
  • Les personnes portant des vêtements couvrants ou s’exposant peu au soleil, par tradition, par profession ou par préférence personnelle.
  • Les personnes obèses ou en surpoids : la vitamine D se concentre dans les tissus adipeux, où elle devient moins biodisponible.
  • Les personnes à risque d’ostéoporose ou présentant des symptômes de démineralisation osseuse.

Ces groupes peuvent justifier une supplémentation même en dehors des mois d’hiver, selon les recommandations compilées par Preskri.fr.

Quels sont les apports recommandés ?

L’Anses et le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) proposent deux schémas de supplémentation.

Le schéma dit « prophylactique » (préventif) consiste en une dose élevée à intervalles espacés : une ampoule de cent mille unités internationales (UI) tous les deux à trois mois entre novembre et avril, ou une ampoule de cinquante mille UI tous les un à deux mois. Ce schéma convient aux périodes hivernales.

Le schéma quotidien consiste à prendre mille à mille deux cents UI par jour, régulièrement, avec ou sans ajustement saisonnier. C’est une approche continue qui ne nécessite pas de modification selon la saison.

L’Anses précise que la supplémentation systématique de la population générale n’est pas recommandée sans carence documentée. Elle peut être envisagée chez les groupes à risque, mais seulement après consultation du médecin traitant.

La supplémentation d’hiver est-elle vraiment nécessaire ?

La réponse varie selon votre profil. Pour la majorité de la population jeune et en bonne santé, une supplémentation ponctuelle en hiver n’est pas obligatoire si vous avez une exposition solaire minimale (même faible) et une alimentation relativement diversifiée.

Cependant, pour les groupes à risque listés précédemment (plus de 65 ans, peau foncée, exposition très réduite), une supplémentation modérée peut se justifier et doit être discutée avec votre médecin. Le débat scientifique reste ouvert : certaines autorités la recommandent préventivement pour tous, d’autres seulement sur indication spécifique.

La position officielle du HCSP est prudente : elle n’impose pas une supplémentation systématique de la population générale. Elle accepte une supplémentation ciblée chez les populations vulnérables, mais pas une approche de masse non discriminée.

Comment obtenir de la vitamine D sans complément ?

Trois pistes existent, mais avec des limites réelles.

L’alimentation d’abord : les poissons gras (saumon, maquereau, sardine) en contiennent en quantité honorable ; les œufs, les champignons de Paris exposés à la lumière en fournissent aussi. Cependant, ces quantités sont généralement insuffisantes pour couvrir tous les besoins en hiver, particulièrement pour les groupes à risque.

L’exposition solaire : en hiver, elle est très difficile pour les habitants des régions tempérées. Même trente minutes d’exposition directe ne suffisent pas toujours, et cette durée suppose un ciel clair, des vêtements courts et une latitude convenable. Entre novembre et avril, cette approche seule ne suffit généralement pas.

La combinaison alimentation + exposition modérée : c’est le plus réaliste pour les personnes sans risque particulier. Elle demande une conscience de ces enjeux et un effort régulier.

Quels sont les risques du surdosage ?

La vitamine D, bien que soluble dans les graisses (et donc stockée dans le corps), ne présente pas de risque toxique aux doses recommandées. Un surdosage chronique peut toutefois survenir :

  • il provoque une hypercalcémie (taux de calcium sanguin trop élevé)
  • responsable de faiblesse
  • de nausées
  • de complications rénales

Les risques deviennent réels à partir de doses plusieurs fois supérieures aux recommandations, maintenues pendant des mois. Une ampoule tous les deux à trois mois, ou mille à mille deux cents UI par jour, reste dans la zone de sécurité.

Si vous suivez une supplémentation prolongée, un suivi médical périodique (dosage sanguin) est recommandé pour vérifier le taux de vitamine D et d’autres marqueurs. L’automédication sans dosage initial ne doit pas durer longtemps.

Résumé et conseil

La carence en vitamine D est fréquente l’hiver en Europe du Nord.

80 %

Elle touche environ 80 % de la population française et 67 % de la population belge selon les données actuelles.

Pour la majorité des adultes sans facteur de risque, une supplémentation hivernale reste optionnelle si vous avez une alimentation équilibrée et un minimum d’exposition solaire. Pour les groupes à risque (plus de 65 ans, peau foncée, exposition très réduite, antécédents d’ostéoporose), une supplémentation peut se justifier, mais elle doit être décidée en accord avec un professionnel de santé.

L’approche la plus raisonnable : discutez de votre situation avec votre médecin. Un dosage sanguin de votre vitamine D peut guider la décision. Si une supplémentation est jugée utile, les schémas recommandés sont sûrs et efficaces.

Ce qui reste ouvert

Sources consultées

  • France3 Alsace — « Vitamine D en hiver : pourquoi 80 % des Français sont carencés et comment y remédier efficacement », consulté le 25 octobre 2026.
  • RTBF — « 67 % de la population serait en carence en vitamine D », consulté le 25 octobre 2026.
  • Preskri.fr — « Vitamine D en hiver : dosage optimal selon les experts », consulté le 25 octobre 2026.
  • Nutripro Nestlé — « Carences en vitamines et minéraux en France », consulté le 25 octobre 2026.

Disclaimer. Cet article ne remplace pas une consultation médicale. En cas de doute sur votre statut en vitamine D ou sur la pertinence d’une supplémentation pour votre situation, consultez un professionnel de santé.

Population française en carence en vitamine D en hiver80%Exposition cutanée quotidienne minimale nécessaire30minutesPrévalence de carence en hiver (contre 29,6 % en été)62,1%Apport quotidien recommandé pour la population générale1 000 à 1 200UI

À découvrir également

Marion Leroux
Écrit par

Marion Leroux

Rédactrice · Société, Santé

Marion Leroux traite la société et la santé. Elle s'appuie sur les recommandations des autorités sanitaires et des organismes publics, rappelle ce qui relève d'un avis médical et met à jour ses articles quand une règle ou une recommandation évolue.

Écrire à la rédaction